Contexte

Visité un après-midi de forte chaleur, la fraicheur qui règne dans les écuries était la bienvenue. Il faut l’avouer la restauration de cette aile et la mise en valeur de cette collection sont vraiment superbement réalisées. De plus l’entrée est gratuite (chose assez rare pour être soulignée).

Dans la Grande Écurie, la visite de la galerie des Carrosses permet aussi de découvrir le plus grand chantier royal jamais entrepris pour loger des chevaux (lire aussi Les Écuries Royales). Carrosses majestueux ou petites voitures des enfants de Marie-Antoinette, chaises à porteurs ou traîneaux formant un bestiaire étrange et merveilleux : la découverte de ces œuvres constitue un témoignage exceptionnel de la vie de Cour et des fastes sous l’Ancien Régime, l’Empire et la Restauration.

Le bouddhisme

Le bouddhisme, voie spirituelle libre de dogmes et non violente, trouve ses racines en Inde. Sa figure fondatrice est un homme, un être d’exception, le Bouddha.
Aux yeux des bouddhistes, baignés dans une perception cyclique du temps, l’enseignement du Bouddha (Dharma) est revivifié de cycle cosmique en cycle cosmique par la venue de bouddhas historiques dont Shakyamuni n’est que le dernier en date. Les historiens des religions s’accordent pour situer sa vie au 5esiècle avant notre ère. L’Inde est alors une mosaïque d’États ; la vie spirituelle y est intense et l’une des interrogations que partagent les divers mouvements religieux concerne le samsara, ce cycle de réincarnations dont les êtres sont prisonniers. Par son enseignement, le Bouddha a proposé une voie permettant de sortir du samsara et d’atteindre le nirvana, un état de « non-être » dans lequel il n’est plus de douleur.
Le bouddhisme est souvent comparé à un arbre à trois grandes branches. Considéré comme le plus proche des enseignements originels du Bouddha, le theravada – l’École des Anciens – domine au Sri Lanka et dans la plupart des pays de l’Asie du Sud-Est. Le mahayana – Grand Véhicule – est majoritaire au Vietnam et en Extrême-Orient. Le vajrayana – Véhicule de Diamant – s’est particulièrement développé dans le monde himalayen, mais il est également présent en Chine et au Japon.

Quelques repères chronologiques

  • Vers 1500 : émergence du védisme en Inde ; début de l’élaboration des textes du Veda (« Savoir »)
  • 9esiècle av. J.-C. : évolution du védisme vers le brahmanisme ; élaboration des Brahmana (textes traitant des rituels) et des Upanishad (textes spéculatifs dans lesquels s’affirme la croyance en la réincarnation de l’âme)
  • 6e-5esiècles av. J.-C. :
    • En Inde, émergence du bouddhisme, fondé par Shakyamuni, le Bouddha, et du jaïnisme, fondé par Mahavira
    • En Chine, émergence du taoïsme, fondé par Lao Tseu et du confucianisme, fondé par Confucius
  • 4esiècle av. J.-C. – 4esiècle ap. J.-C. : période supposée de l’élaboration des épopées religieuses indiennes du Mahabharata et du Ramayana
  • Vers 260 av. J.-C. : diffusion du bouddhisme à l’instigation de l’empereur Ashoka, de l’Afghanistan au sud de l’Inde (Kamataka)
  • 1ersiècle : premiers développements du bouddhisme du Grand Véhicule (mahayana) se différenciant du bouddhisme ancien (theravada ou hinayana) de son fondateur
  • 3e-4esiècles : débuts supposés de la rédaction des purana (« Anciens »), textes fondamentaux dans l’hindouisme, traitant, entre autres, d’histoire et de religion
  • 1emoitié du 6esiècle : arrivée du moine indien Bodhidharma en Chine – fondation du bouddhisme chan (ch.) ou zen (jap.)
  • Vers 650 : émergence du shintoïsme au Japon
  • 8esiècle : premiers développements du bouddhisme ésotérique, dit du Véhicule de Diamant (vajrayana), en Inde
  • 845 : grande persécution anti-bouddhiste en Chine
  • Aux environs du 12esiècle : l’hindouisme supplante le bouddhisme en Inde. Sultanat islamique autour de Delhi
  • Seconde moitié du 15esiècle : fondation du sikhisme, monothéisme syncrétique, par Guru Nanak

Bouddha

A partir d’un socle iconographique originaire de l’Inde, puis diffusé dans l’ensemble des pays asiatiques, la mise en images de la vie du Bouddha historique constitue une part essentielle des arts religieux du monde extrême-oriental.

L’ultime existence terrestre de celui que l’on désigne comme l’Éveillé (Bouddha), le Bienheureux (Bhagavant) ou encore le Sage du clan des Shakya (Shakyamuni), a donné lieu à d’innombrables œuvres révélant la richesse des traditions iconographiques et stylistiques de la quatrième religion au monde en nombre de fidèles, derrière le christianisme, l’islam et l’hindouisme.

En tous pays d’Asie, les grandes étapes de la vie du Bouddha sont retracées selon un schéma iconographique récurrent, de sa naissance merveilleuse jusqu’à son ultime trépas, ou pour mieux dire à sa pleine et totale extinction (mahaparinirvana).

L’art narratif bouddhique invite de manière naturelle à confronter les formes d’expression artistique des différentes aires culturelles de l’Asie et à en rechercher les similitudes et les disparités.

Contant le destin d’un homme aux qualités intellectuelles et morales exceptionnelles, cette « légende dorée » - renvoyant ici au titre de l’ouvrage de Jacques de Voragine (vers 1228-1298) consacré à la vie des saints et martyrs chrétiens – se déroule telle une geste de l’esprit, tour à tour concrète et banale, miraculeuse et transcendante.

La littérature bouddhique comporte un ensemble de récits, les Jataka ou « Naissances », relatant les vies antérieures du Bouddha historique Shakyamuni et constituant une source d’enseignements moralisants à l’usage des fidèles.

Au nombre de 547 dans le canon pali (langue de l’Inde ancienne restée langue liturgique dans le bouddhisme), les Jataka sont de courtes fables ou de longs récits ; ils se composent de parties versifiées accompagnées de développements en prose définissant le contexte et explicitant les stances. Un Jataka s’ouvre sur une introduction exposant les circonstances dans lesquelles le Bouddha fut amené à évoquer telle ou telle de ses existences passées. Vient ensuite le cœur narratif du récit, conté sur un mode simple et familier, suivi d’une conclusion tirant la morale de l’histoire.

Au fil de ses 547 vies antérieures, le futur Bouddha a expérimenté, ou simplement été témoin, des six conditions d’existence possibles : dieu, anti-dieu, homme, animal, fantôme affamé, damné.

Ayant cultivé les dix perfections ou paramita (générosité, moralité, renoncement, sagesse, effort, tolérance, vérité, détermination, amour bienveillant, équanimité), celui que ses qualités destinaient à devenir le Bouddha de notre temps prit un jour la décision de renaître parmi les hommes sous l’aspect d’un jeune prince.

Les données biographiques relatives au Bouddha historique Shakyamuni sont nombreuses, mais très dispersées dans le temps, parfois contradictoires et manquant de l’exactitude chronologique chère aux historiens occidentaux.À en croire les textes, c’est après 547 existences dans les conditions les plus variées que le Bodhisattva – une épithète désignant tout être sur la voie de l’Éveil – s’incarne, pour une dernière fois, au sein d’une famille royale du nord-est de l’Inde, au début du 5esiècle avant notre ère. Sa conception et sa naissance sont auréolées de prodiges. Après une jeunesse assez classique pour un homme de son rang, celui qui est connu à ce stade de son existence sous le nom de Siddhartha Gautama renonce au monde à la suite de trois rencontres qui lui révèlent la dure réalité de l’expérience humaine (la vieillesse, la maladie et la mort). Au cours d’une quatrième rencontre avec un renonçant, la voie de la spiritualité s’ouvre à lui. La quête qu’il commence alors finit par le conduire à l’état d’Éveillé ; il est dès lors désigné sous le nom de Bouddha. À l’issue d’une quarantaine d’années de vie publique, ponctuées d’enseignements, de conversions, de rencontres avec les puissants de son temps et de divers miracles spectaculaires, il meurt pour la dernière fois dans la plénitude du mahaparinirvana, « la grande et complète extinction ».

Dès sa venue au monde, le futur Bouddha effectua sept pas vers le nord. Se tournant en direction des autres points cardinaux, index pointés vers le ciel et vers la terre, il embrassa du regard et du geste l’ensemble de la création sur laquelle allait rayonner sa spiritualité.

Deux éléphants ou deux cobras anthropomorphes – auxquels se substituent neuf dragons dans l’imagerie extrême-orientale – déversèrent des jarres d’eau chaude et froide sur le nouveau-né, selon une iconographie renvoyant aux cérémonies de consécrations royales ou religieuses dans la tradition culturelle de l’Inde.

Siddhartha demeura parmi les femmes de la famille jusqu’à ses sept ans et montra dès le plus jeune âge d’étonnantes qualités intellectuelles et physiques.

Peu enthousiaste à l’idée de voir son héritier s’engager sur les chemins de la recherche spirituelle, le roi Shuddhodana mit tout en œuvre pour attacher son fils dans le monde temporel, lui offrant une vie de plaisirs censée l’écarter du monde de souffrances qui ne pouvait que le conduire à s’interroger sur le destin des êtres. Selon les attentes de son père, le jeune prince prit femme et devint père à son tour.

Après s’être détourné de la destinée royale à laquelle sa naissance aurait pu le conduire, Siddhartha suivit l’enseignement de maîtres brahmaniques réputés. Insatisfait des préceptes que prônaient ces sages, il se tourna vers l’ascèse, la voie la plus extrême du renoncement. Six années durant, il mortifia son corps et son âme sans obtenir de réponse à ses interrogations intimes. Constituant d’une certaine manière une approche dévoyée de la méditation, dont il allait faire l’un des fondements de la pratique religieuse bouddhique, cette ascèse le conduisit aux portes du trépas.

Sous les trais d’un joueur de luth, le dieu hindou Indra suggéra au futur Bouddha la voie à suivre, ainsi que l’explicite la leçon dite « des trois cordes ». La première corde, trop tendue – une métaphore de la pratique de l’ascèse -, rendit un son grinçant et déplaisant par son agressivité. La deuxième, trop lâche – renvoyant au caractère émollient d’une vie de trop grand confort-, délivra une sonorité incertaine et à peine audible. La troisième corde, correctement réglée, produisit enfin une vibration agréable et remplie d’harmonie. Shakyamuni avait compris… C’est désormais la voie du milieu, ni trop rude, ni trop douce, qu’il choisit de suivre pour atteindre l’Éveil ; et c’est cette voie dans laquelle il engagea ceux qui voulurent bien suivre son enseignement.

Ayant constaté l’inutilité des pratiques extrêmes de l’ascèse, Shakyamuni se rendit sur le site de l’actuelle Bodhgaya et prit place sous un arbre majestueux pour y méditer. Au terme d’une période d’intenses combats intérieurs – symbolisée par la scène dite des « assauts de Mara », le maître de la mort et de l’enchaînement dans le samsara – Siddhartha s’éveilla à une conscience supérieure à celle du commun des mortels. Mara et ses armées démoniaques vaincus, l’acquisition de l’Éveil se déroula pendant une nuit du mois de vaishakha (avril-mai).

Formulée au cours du 1er siècle de notre ère, la représentation du Bouddha se définit autour de quelques critères intangibles, tant dans l’apparence physique que dans la gestuelle.

Les textes décrivent le Bouddha comme doté de 32 caractéristiques majeures et 80 caractéristiques mineures. Ces marques bénéfiques, parfois impossibles à représenter, peuvent consister en anomalies de la physionomie : protubérance crânienne, loupe de poils entre les sourcils, talons saillants, quarante dents… ; participer d’un ensemble de qualités esthétiques perçues comme remarquables chez tout grand être : partie antérieure du corps semblable à celle d’un lion, yeux intensément noirs aux cils comparables à ceux d’une génisse, peau délicatement lisse et de couleur de l’or… ; faire référence, enfin, à des spécificités plus intimes comme le fait d’avoir le sexe « caché » dans une gaine.

En tant que renonçant aux biens de ce monde, le Bouddha est vêtu d’un simple costume monastique composé de trois pièces d’étoffe : l’antarvasas, ou vêtement de dessous, un long pagne serré à la taille par torsion ou assujetti par une cordelette ; l’uttarasamga, ou vêtement de dessus, une ample pièce de tissu dans laquelle le corps est drapé, des épaules jusqu’à mi-jambe, et qui peut être portée sur les deux épaules ou sur la seule épaule gauche ; la samghati, une sorte de chape repliée sur elle-même et posée sur l’épaule lorsqu’elle n’est pas portée.

C’est à Sarnath, non loin de Varanasi (Bénarès) dans l’actuel État indien de l’Uttar Pradesh, que le Bouddha Shakyamuni délivra son premier sermon dont on considère qu’il exprime la quintessence de la doctrine bouddhique : les Quatre Nobles Vérités (Aryasatya).

La première vérité affirme l’universalité de duhkha, « ce qui est difficile à supporter », souvent traduit par le terme souffrance, qu’elle soit physique ou morale.

La deuxième noble vérité identifie trishna, « le désir », comme étant la cause de duhkha. Le terme recouvre la soif de plaisir des sens, de richesses et de pouvoir tout autant que le désir d’existence comme de non-existence. Ce désir enchaîne les êtres dans le cycle sans fin du samsara.

La troisième vérité affirme la possibilité d’une libération et l’existence du nirvana. Ce terme sanskrit est l’un des mots les plus incompris et galvaudés du vocabulaire bouddhique. Les textes tentent d’en donner le sens en faisant davantage appel à ce qu’il n’est pas plutôt qu’à ce qu’il est : l’anéantissement du désir, l’extinction de l’illusion, la « non-mort »…

La quatrième noble vérité est la voie susceptible de mener à la libération et au nirvana. Composé de huit préceptes, ce « noble Sentier Octuple » guide le fidèle : parole, action et moyens d’existence justes constituent la Conduite Éthique ; effort, attention et concentration justes composent la Discipline Mentale ; pensée et compréhension justes représentent la Sagesse.

L’une des données communes à l’ensemble des bouddhistes est la vénération du Triratna ou « Triple joyau » : le Bouddha (l’Éveillé), son enseignement (Dharma) – et sa communauté (Sangha).

Cette « communauté » désigne tous ceux qui pratiquent la Voie du Bouddha, les hommes et femmes laïcs, et, dans un sens plus restreint, ceux qui se dédient à la vie monastique, les moines et moniales. Ces deux pôles sont interdépendants. Les laïcs pourvoient aux besoins matériels des moines, desquels ils attendent en retour des éclaircissements sur la doctrine, des conseils pour vivre en bons bouddhistes et l’accomplissement de certains rites.

Le fidèle laïc s’engage à respecter divers préceptes, à pratiquer la générosité, à développer la compassion et l’amour bienveillant envers l’ensemble des créatures. Pour les religieux, les règles sont beaucoup plus nombreuses et contraignantes.

Le disciple qui parvient à l’Éveil par l’écoute de l’enseignement est appelé arhat, « méritant ». Dans l’iconographie du bouddhisme du Grand Véhicule, on distingue un groupe de 16, parfois 18, arhat qui furent chargés par le Bouddha de diffuser la Bonne Loi et d’en assurer la sauvegarde jusqu’à la venue de Maitreya, le Bouddha du futur. Le nombre de ces arhat a pu être porté à 500 dans certains pays d’Extrême-Orient où les grands complexes religieux comportent bien souvent des temples qui leur sont spécifiquement consacrés.

Le costume des moines bouddhistes (kesa en japonais – terme dérivé du sanskrit kashaya qui désignait à l’origine une couleur mêlée, impure) est composé traditionnellement de trois pièces d’étoffe. En Asie centrale et en Extrême-Orient, le climat et les modes locales transformèrent la simple défroque indienne en une sorte de manteau porté sur une robe à manches longues.

Le kesa est l’un des rares biens personnels qu’un moine soit autorisé à posséder. Sa confection, à partir de tissus de récupérations parfois très luxueux, est soumise à des règles particulières et considérée comme une activité sacrée.

Au lendemain de l’entrée du Bouddha dans le nirvana, un concile fut réuni à Rajagriha afin que les enseignements dispensés par le maître tout au long de sa vie ne se perdent pas. Ananda récita l’intégralité des sermons (sutra) et Upali rappela les règles de la vie monastique (vinaya). Un troisième ensemble de textes fut réuni un peu plus tardivement pour composer la troisième corbeille du canon bouddhique, ou Tripitaka, celle de l’abhidharma, consistant en commentaires, analyses et réflexions portant sur les deux premières corbeilles.

Ce n’est qu’au 1esiècle avant notre ère, au Sri Lanka, que le Tripitaka, fut finalement consigné par écrit en langue palie.

Au lendemain de l’Éveil, à l’instar de nombreux religieux de son temps, le Bouddha mena une vie de pérégrinations ponctuée de miracles et d’enseignements.

Aux dires de l’hagiographie bouddhique, en une sorte de raz-de-marée spirituel, laïcs ou religieux, riches ou pauvres, hommes ou femmes, gens de bien ou mécréants entrèrent dans le courant pendant les quelques quarante-cinq ans de ministère de l’éveillé.

L’exemplaire vie de prêches du Bouddha ne fut toutefois pas exempte de difficultés. Divers rivaux tentèrent de le discréditer sur le plan moral en l’accusant de relations avec des courtisanes ; à plusieurs reprises, il eut à lutter contre de trop zélés disciples, tout particulièrement son cousin Devadatta, qui tentèrent de créer divers mouvements schismatiques au sein de la communauté encore dans l’enfance, ce qui n’aurait sans doute pas manqué de l’affaiblir.

À la différence de la première partie de sa vie, où les évènements s’enchaînent avec une certaine logique biographique « à l’occidentale », les longues années d’enseignement du Bouddha semblent presque fuyantes, et la succession des épisodes marquants reste difficile à établir de matière irréfutable.

Le Boudhha entra dans le nirvana à l’âge de quatre-vingts ans, alors qu’il se dirigeait avec quelques moines vers Shravasti, la capitale du royaume de Koshala. En chemin, à l’issue d’un copieux repas offert à la troupe de voyageurs par un forgeron du nom de Chunda, le Bouddha fut pris d’un malaise.

Parfaitement conscient que sa fin était proche, il recommanda à son disciple préféré, Ananda, de faire mettre en œuvre par de pieux laïcs des rites funéraires identiques à ceux que l’on aurait réservés à un monarque universel (chakravartin) et de dresser des stupas – ces monuments reliquaires emblématiques de l’architecture bouddhique – sur les cendres récupérées à l’issue de la crémation.

Le Bouddha aurait lui-même indiqué comment il convenait de concevoir de tels édifices : prenant les trois pièces de son vêtement monastique, il les aurait pliées en carré, de la plus grande à la plus petite, puis superposées, créant ainsi une base à trois niveaux. Sur ce dispositif, il aurait ensuite placé son bol à aumônes en le retournant et, enfin, disposé au-dessus son bâton de moine mendiant. Le stupa bouddhique venait de naître.

Après d’ultimes sermons, le bouddha s’éteignit à Kushinagara, capitale du petit royaume des Malla, pour ne plus renaître : il entra dans ce que les bouddhistes appelèrent dès lors le mahaparinirvana, la « grande et complète extinction ».

Au terme de la phase d’expression de l’iconographie bouddhique dite « aniconique », caractérisée par une absence de représentations figuratives du Bouddha qui n’apparaissait qu’à travers quelques symboles explicites, sa « mise en image » s’est élaborée progressivement.

Formulée, au tournant du début de notre ère, dans l’école kouchane de Mathura (Inde du Nord), ainsi que dans l’art dit « gréco-bouddhique » du Gandhara (Pakistan), cette image, sculptée ou peinte, est aujourd’hui immédiatement identifiable.

Il est vrai que la représentation du Bouddha est régie par des descriptions assez détaillées données dans les textes du canon bouddhique. Loin d’avoir généré des œuvres stéréotypées, ces descriptions ont laissé une large place à la subjectivité ou, mieux, au goût des artistes et de leurs commanditaires. Ainsi, une dimension « nationale » ou « régionaliste », apparaît-elle dans les représentations du Bouddha dont la variété paraît infinie.

Accompagnant les voies de diffusion du bouddhisme, cette image s’adapte et évolue de manière originale dans les différentes sphères culturelles qu’elle a touchées. De l’unité – imposée par les critères iconographiques de l’imagerie religieuse bouddhique – naît une foisonnante diversité liée à l’immensité du territoire autant qu’à la richesse culturelle du continent asiatique.

Postures (Asana)

L’iconographie retient quatre postures (asana) principales pour le Bouddha : debout, assis, marchant et couché. La position debout est dite samapada lorsque les jambes sont parfaitement tendues ou abhanga, lorsqu’un genou est fléchi et que le corps se déhanche discrètement.
En position assise, le Bouddha est généralement figuré jambes croisées, selon deux variantes principales : virasana (posture dite héroïque), jambes placées l’une sur l’autre, une seule plante de pied étant visible ; padmasana (posture dite du lotus), jambes étroitement croisées, comme nouées au niveau des chevilles, les deux plantes des pieds étant visibles.
L’attitude de la marche – des quatre positions, la moins fréquemment attestée – correspond à l’épisode de la descente du ciel des trente-trois dieux.
La position couchée, enfin, se rapporte à l’entrée du Bouddha dans le nirvana.

Gestes symboliques (Mudra)

Parmi les nombreux gestes signifiants (mudra), six ont été régulièrement représentés pour parachever le sens profond des figurations du Bouddha :

  • Méditation (dhyanamudra) : mains posées l’une sur l’autre, dans le giron
  • Absence de crainte (abhayamudra) : main levée, paume dirigée vers le fidèle et doigts pointés vers le haut
  • Argumentation (vitarkamudra) : main levée, pouce et index joints
  • Prise de la terre à témoin (bhumisparshamudra) : main baissée, dos tourné vers le fidèle et doigts pointés vers le bas
  • Don (varadamudra) : main baissée, paume dirigée vers le fidèle et doigts pointés vers le bas
  • Mise en branle de la roue de la Loi, le geste de l’enseignement (dharmachakramudra) : mains réunies devant le torse à hauteur du buste et tenant virtuellement la roue de la Loi

LA REINE MAYA donnant naissance au prince Siddhartha

Népal, vallée de Katmandou. Début du 19e siècle, Alliage de cuivre partiellement doré et incrusté, restes de polychromie

Ayant décidé de s’incarner dans la famille la plus parfaite qui fut, le futur Bouddha descendit dans le sein de sa mère, la reine Maya, sous la forme d’un éléphant blanc à six défenses. Au terme d’une grossesse de dix mois, l’enfant vit le jour dans le jardin de Lumbini, dans l’actuel Népal. Sept jours après l’heureux événement – miraculeux, tout comme la conception, puisque c’est par son flanc droit que Maya donna le jour à son fils -, la reine mourut.

LE GRAND DÉPART

Inde du Sud, Andha Pradesh, Région d’Amaravati École d’Amaravati, 2esiècle Calcaire marmoréen

SIDDHARTHA ondoyé par les neufs dragons (Cuu Long)

Vietnam Dynastie Lê, fin du 18e-début du 19e siècle Bois laqué et doré

Bas-reliefs illustrant trois vies antérieures du Bouddha :

Sujati Jataka ;

Shankhacharya Avadana ;

Vishvantara Jataka

Chine, Xinjiang, Tumshuq (Toqquz Saraï)

Fin du 6e – début du 7e siècle, terre séchée

LE GRAND DÉPART

Indonésie, Java, Borobudur

Fin du 19e siècle (original du 8e-9e siècle), moulage en plâtre

Peu de temps après les quatre rencontres, Siddhartha prit la décision d’abandonner la vie à laquelle sa naissance le destinait. Aidé par les génies gardiens des portes de la ville de Kapilavastu qui soutinrent les sabots de son cheval afin qu’aucun bruit ne vienne trahir son départ, il abandonne son palais. Parvenu dans les forêts, il se dépouilla de tous les signes extérieurs du statut princier auquel il renonçait et revêtit la défroque d’un ascète.

Le mariage de Siddhartha et autres scènes

Thangka d’une suite consacrée aux principaux épisodes de la vie du Bouddha

Tibet oriental

Seconde moitié du 19e siècle

Xylographie peinte sur toile

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