Visite virtuelle / Château de Marly

Les « Marlys »

En 1686, a lieu le premier « Marly ». C’est sous cette appellation qu’étaient nommés les séjours du Roi et de ses invités au château.

Dès l’origine, les jardins et le château de Marly sont prévus pour que le roi Louis XIV puisse s’éloigner de Versailles et des pesanteurs et tracas de la cour, en compagnie de la famille royale et de quelques invités. Ceux-ci attendent parfois des mois avant d’avoir le privilège d’être invités dans le saint des saints.

Être convié à Marly est considéré comme l’extrême faveur royale. Les noms des élus figurent sur une liste diffusée quelques jours avant le départ.

Saint-Simon, dans ses Mémoires, décrit non sans ironie les courtisans suppliant le secrétaire du Roi pour y figurer ou implorant Louis XIV en lui disant « Sire, Marly… » à son passage. Mais ce ne sont jamais plus de 60 à 100 personnes qui y séjournent. Plus le pavillon attribué à un invité est proche du pavillon royal, plus celui-ci est censé avoir les faveurs du monarque. Les princes de sang n’y vont pas de droit et doivent, comme n’importe quel autre courtisan, être invités par le Roi.

Marly est avant tout un lieu de plaisir et de fêtes. L’étiquette, si présente à Versailles, y est en partie abolie et de nombreux divertissements sont organisés : escarpolette, ramasse (un chariot sur rails en bois ancêtre des montagnes russes), le mail (une sorte de golf ou de croquet), billard, jeux de cartes, gondoles sur le grand miroir…

Louis XIV et Marly

En 1676, Louis XIV achète un domaine à Marly et réunit les deux anciennes seigneuries de Marly-le-Chastel et Marly-le-Bourg qui deviendront Marly-le-Roi. À partir de 1679 Jules Hardouin-Mansart et Robert de Cotte travaillent à l’édification d’un château de plaisance pour le Roi et quelques privilégiés. Le marché de travaux est passé le 22 février 1680 aux entrepreneurs Jean Bailly et François Lespée. Ces travaux seront pratiquement terminés en 1684 lorsque Louis XIV s’y rend pour la première fois le 23 juillet. Le roi à l’origine y invite ses intimes et résume ainsi la fonction de ses trois principales résidences :

« J’ai fait Versailles pour ma Cour, Trianon pour ma famille, Marly pour mes amis ».

Puis, à partir des années 1690, les invitations sont des marques de promotion politique et administrative et dans les deux dernières décennies du règne, « Marly tend à devenir une autre résidence ordinaire, un second Versailles, voire un anti-Versailles ».

La destruction

Délaissé par Louis XV et Louis XVI, il se délabre peu à peu. Le dernier séjour royal a lieu en juillet 1789.

Le château est pillé par les révolutionnaires en 1789 et racheté le par un Parisien, Alexandre Sagniel, qui y installe une filature de coton et une fabrique de draps.

Les affaires étant peu florissantes, Sagniel tente de se renflouer en démantelant peu à peu le château, monnayant tous les matériaux prélevés. L’échec de sa revente en 1806 à Napoléon accélère la démolition de l’ouvrage. À la suite d’un désaccord entre l’Empereur et Alexandre Sagniel, Napoléon installe ses troupes dans ce qui reste du château. Les soldats contribuent aussi à sa destruction en le saccageant.

Le parc est finalement racheté par l’administration impériale le .

Il ne reste actuellement plus rien de visible du château édifié par Jules Hardouin-Mansart, si ce n’est — en haut de la pente du parc — la représentation au sol des murs du Pavillon royal.

Les jardins

Le château de Marly est conçu comme un château-jardin où la nature, maîtrisée, domine. De nombreux bassins et fontaines agrémentent le parc. L’axe principal du domaine s’ouvre par un grand abreuvoir demi-circulaire que prolonge le grand miroir.

D’autres bassins sont placés entre ce dernier et le pavillon royal tandis qu’au-delà s’élève la grande cascade, composée de 63 bassins de marbre rouge et vert, construite en 1699 par Mansart. Fontaines et bassins sont également disséminés dans le parc. Un théâtre de verdure est édifié à la droite du château. À la mort de Louis XIV pas moins de 400 jardiniers travaillaient à Marly.

Sous Louis XV, la grande cascade est détruite. Le marbre est réutilisé dans les églises Saint-Sulpice et Saint-Roch à Paris. Parmi les nombreuses sculptures qui décoraient le jardin, certaines sont aujourd’hui à Paris :

  • les chevaux de Marly marquent sur la place de la Concorde l’entrée des Champs-Élysées
  • la plupart sont exposées dans la cour Marly du Musée du Louvre.

La grille royale constituait l’accès principal du domaine de Marly, en venant de Versailles. Les deux vases qui en décorent toujours les piliers, ainsi que le petit pavillon situé à sa droite sont les seuls vestiges de l’état originel. Deux corps de garde en arc de cercle, décorés d’arcades, encadraient la place adjacente. Ils étaient prolongés, le long des allées latérales, par les écuries. Des éléments de ces constructions ont été partiellement remontés au XXe siècle et les arcades figurées par des plantations d’ifs. En contrebas de l’allée pavée, une seconde place fermée permettait aux voitures de faire demi-tour devant une grille dorée qui marquait l’accès du château lui-même.

Les quatre copies de statues du parc royal :

  • Le Faune au chevreau de Pierre Lepautre (1659-1744), exécuté en 1685 à Rome d’après une sculpture antique. On le trouvera en 1695 dans un « Appartement vert » à l’est du château puis, en 1707, dans le « Bosquet du Couchant », à l’ouest.
  • La Compagne de Diane de René Frémin (1672-1744) livrée en 1717. Elle appartient à un ensemble de nymphes chasseresses commandées entre 1697 et 1715 aux meilleurs artistes de l’époque à la suite de la Diane d’Anselme Flamen (1647-1717) placée en 1694 au milieu d’un bassin dans le « Bosquet du Couchant ». Toutes ces statues sont inspirées de la Diane à la biche, une sculpture romaine présentée sous Louis XIV dans la grande galerie de Versailles.
  • La Compagne de Diane de Simon Mazière (1649-1720) livrée en 1714 est aux Tuileries dès 1722.
  • La Vénus callipyge de Fraçois Barois (1656-1720), exécutée à Rome d’après la célèbre Vénus grecque de la collection Farnèse. Aujourd’hui au musée archéologique de Naples. Elle est en 1695 dans les « Appartements verts du côté du Couchant », puis pudiquement vêtue d’un voile par Jean Thierry avant d’être placée en 1707 dans le « Bosquet du Temps » nouvellement créé.

Les statues originales sont aujourd’hui dans la cour Marly au musée du Louvre.

L'Abreuvoir de Marly

La construction de l’Abreuvoir de Marly débute en mai 1698, selon les plans de Jule Hardouin-Mansart. Il est orné de coquillages des Antilles et, à partir de 1702, d’une paire de chevaux sculptés par Antoine Coysevox, remplacée en 1745 par une autre, exécutée par Guillaume Coustou. Réceptacle des eaux du parc royal acheminée par la Machine de Marly, il accueille à l’origine les chevaux de l’écurie du roi. L’Abreuvoir est classé au titre des Monuments Historiques par la loi du 30 mars 1887. Une restauration de grande ampleur, menée en 2006, lui permet de retrouver sa rocaille originelle.

Les fouilles

Fouilles archéologiques programmées

Le site de l’ancien domaine royal de Marly, racheté par la couronne impériale en 1811 après mise à nu du terrain par démolition des bâtis et récupération des marbres, pierres et tuyauteries des bassins, n’a jamais été occupé par un autre aménagement. Il est donc resté pratiquement en l’état. Après qu’il soit resté longtemps domaines présidentiel, sa partie patrimoniale a été rattachée en 2009 au domaine de Versailles. Le parc de Marly a déjà été le théâtre de fouilles archéologiques depuis la fin du XIXe siècle, notamment entre 1985 et 1993. Plus récemment, en 2013, ont été fouillés le Tapis vert (où était située la cascade appelée « Rivière ») et le bassin des Nappes, puis, en 2014, le 3e pavillon du Levant et le bassin des Boules nord-ouest. Pour 2015, année du tricentenaire de la mort de Louis XIV, l’archéologie aborde la pièce maîtresse du domaine : le pavillon royal.

Le Pavillon royal

Les dispositions architecturales du Pavillon royal, oeuvre de Hules Hardouin-Mansart; avec son plan rigoureusement centré, évoque la villa Rotonda de Palladio. Pour l’isoler de l’humidité du vallon, l’architecte le disposa sur une terrasse surélevée de quelques marches, ce qui accentuait son caractère dominant.

Au rez-de-chaussée, quatre vestibules identiques, placés dans les axes, convergeaient vers le salon central, de forme octogonale, qui occupait toute la hauteur du pavillon. Le toit en dôme du salon ne dépassait pas la hauteur des frontons et les cheminées s’arrêtaient au niveau des balustrades. Pour éviter que des gouttières ne défigurent les façades, la pente des toits était dirigée vers l’intérieur et les eaux de pluie ruisselaient vers la terrasse courant à l’étage autour du salon.

Les quatres appartements du rez-de-chaussée, tous semblables, étaient composés de trois pièces : antichambre, chambre et cabinet. Louis XIV s’était réservé celui du nord-est, donnant sur la Grande pièce d’eau. La seule chose qui les différenciait était la couleur de leur ameublement.  Celui du roi était rouge ; au nord-ouest, l’appartement vert était destiné à l’origine à Marie-Thérèse, mais, en 1694, il fut attribué à Madame de Maintenon ; les appartements bleu, au sud-est, et aurore, au sud-ouest, tournés vers la Grande Cascade, allèrent respectivement à Monsieur, frère du roi et à son épouse, la princesse palatine. Cependant, Monsieur abandonna son appartement en 1696, et il fut affecté trois ans plus tard au dauphin, le duc de Bourgogne. À l’angle des trois pièces de chaque appartement, étaient logés de petits escaliers qui permettaient d’accéder à des entresols ou au corridor du premier étage. Celui-ci s’éclairait sur la terrasse intérieure qui ceinturait le grand salon.

La première transformation de cette disposition fut l’entresolement et le cloisonnement du cabinet de l’appartement de Maintenon, en 1695, puis la construction, en 1711, d’un « grand degré » dans l’antichambre de l’appartement aurore. Sous Louis XV, les appartements du rez-de-chaussée furent systématiquement entresolés dans les années 1740, puis un étage d’attique fut aménagé en 1750. Sous Louis XVI le mobilier fut renouvelé et Marie-Antoinette acheva l’entresolement de son appartement, en 1780. Cependant, le domaine avait alors un triste aspect, et en particulier les décors des façades étaient effacés.

Le saccage du domaine commença en 1793 : il fut dépouillé de son mobilier, qui fut vendu, de ses sculptures, qui furent dispersées, de ses végétaux, qui furent coupés, de ses métaux, qui furent fondus… A partir de 1795, le Château servit de casernement à des hommes de troupe qui allumèrent des feux dans les appartements en brûlant les boiseries. Le domaine fut finalement vendu, en 1799, à un entrepreneur en filature. Mais celui-ci, étranglé financièrement, fit démolir les bâtiments et en vendit les matériaux entre 1808 et 1811. Napoléon racheta, en 1811, le domaine, complétement dépecé.

Cependant, le haut des murs de fondation du Pavillon royal affleura jusqu’au début des années 1930 : ils apparaissent sur plusieurs plans et photographies. Ces ruines furent rapidement traversées par le chemin reliant Marly à Louveciennes qui accentua le dérasement des des murs sur son passage.

Dans les années 1930, suite au classement du domaine de Marly au titre des sites, un architecte, Robert Danis, fut nommé pour le mettre en valeur. Il dessina en 1934, à l’emplacement du Pavillon royal, une esplanade contournée par la voie de circulation et sur laquelle le plan du bâtiment détruit fut évoqué.

Ouvrages de référence

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