Visité lors d’un week-end à Dieppe (voir aussi « 2 jours à Dieppe »), ce château en impose, surtout vu de la mer. Il vous frappe immédiatement de part son architecture atypique et l’utilisation de nombreux matériaux, tous très différents, qui laissent présager de ses nombreux re maniements. La vue sur la ville est superbe et doit être encore plus belle quand il fait beau… Aujourd’hui, il appartient à la mairie et accueille un musée. La collection de sculptures en ivoire est sublime mais la présentation de l’ensemble des collections est un peu tirée par les cheveux à mon goût. Les livres proposés dans la boutique sont intéressants et de qualité, mais on peut noter l’absence d’ouvrages sur le château en lui même. Idem pour la visite guidée qui ne tourne qu’autour des collections du musée et n’aborde absolument pas l’histoire du monument. Fort dommage et frustrant !!!

Les origines

Il est construit pour assurer la défense de la ville en surveillant les côtes de la Manche. Il est bâti sur le rebord de la falaise ouest, à environ trente mètres au-dessus du niveau de l’eau.

L’origine exacte du château prête à confusion. Il fut certainement construit sur l’emplacement d’un premier château, édifié par Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion, puis détruit par Philippe Auguste en 1195.

Ce qui est aujourd’hui certain, c’est que le vestige le plus ancien est le donjon ou tour ouest. Sa construction, située vers 1360, est concomitante à celle d’une enceinte fortifiée autour de la ville, alors menacée par les Flamands et les Anglais.

En 1435, après l’avoir libérée de l’occupation anglaise, Charles Desmarets obtient l’autorisation d’agrandir la place. Trois autres tours sont alors construites pendant qu’une tour carrée munie d’un pont levis est édifiée pour protéger l’entrée. L’ensemble est relié à la ville.

Dans la première moitié du XVIe siècle, une campagne de renforcement défensif est imposée par les progrès réalisés par l’artillerie. Une barbacane est construite pour protéger la façade sud-est, ainsi qu’une nouvelle tour, détachée au pied du château et reliée au reste des fortifications. À la fin du XVIe siècle, une tour carrée est édifiée au sud tandis que l’enceinte est prolongée dans cette direction. Elle intègre la tour Saint-Rémy.

Construit comme une forteresse capable de résister aux assauts et aux sièges, le château évolue au XVIIe siècle. Les progrès de l’armement lui donnent des rôles de résidence et de caserne. On y perce alors de larges et hautes fenêtres, des toitures en poivrière couvrent les terrasses des tours. Le château devient un lieu d’habitation et de réception. La cour en est l’illustration en adoptant une fonction d’apparat. Sur la partie sud-ouest du château, une caserne est édifiée en 1630, à l’emplacement de l’actuelle salle d’exposition temporaire du musée.

Une prison puis un musée

La Révolution française trouve son intérêt politique en transformant l’édifice en geôle pour y enfermer les contre-révolutionnaires. En 1829, Dieppe est déclassée comme place de guerre, à l’exception notable du château. En 1906, la Ville rachète l’édifice. Celui-ci retrouve sa fonction militaire pendant la Première Guerre mondiale.

En 1923, le musée municipal créé en 1897 y est transféré. Le projet initial était de le configurer en un musée des beaux-arts. En 1930, la statue de Jean Vauquelin, réalisée par le sculpteur dieppois Eugène Bénet, est installée sur l’esplanade Nord, face à la mer.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la construction du mur de l’Atlantique, le château est à nouveau utilisé comme place-forte : l’ensemble des défenses est alors constitué de murs et de blockhaus, venus renforcer les murailles et les enceintes anciennes du château.

Ouvrages de référence

Informations utiles

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Tel: 02 35 06 61 99

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