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Les grandes dates

Premières mentions notariées d’une seigneurie de la Mercerie. La famille Rousseau assure la gestion du domaine jusqu’en 1834.

Construction d’un manoir de style Empire et de deux dépendances par Jacques Rousseau. Ces bâtiments sont attestés par le cadastre napoléonien de 1826 et une photographie.

Marie-Julie Rousseau, épouse de Paul Mesnaud de Saint-Paul, hérite du château par son père.

Un descendant de la famille Mesnaud de Saint-Paul fait détruire la maison pour construire un petit castel troubadour, dont la tour carrée néo-romane (Préponnier, architecte). Il s’agit de la partie occidentale du château actuel, aujourd’hui appelé château Saint-Paul.

Suite à des difficultés financières, le château est vendu aux frères Réthoré pour 80.000 Fr.

Premiers travaux avec le réaménagement du logis, avec un couloir adossé à l’arrière.

Début de la construction de la grande façade. Dans le même temps, un nouveau corps de logis adossé à l’Est du château Saint-Paul permet de loger une concierge.

Faute de fonds, le chantier est arrêté. Seul l’entretien de l’existant est encore assuré.

Ventes aux enchères des biens pour rembourser des créances de plus de 3 millions de francs (Maîtres Jean-Gérard Tasset et Robert Juge, commissaires-priseurs). Le château est acheté par l’antiquaire Bernard Steinitz.

Après différentes transactions financières, le château devient propriété de la Foncière Volta.

Signature du bail emphytéotique entre la Foncière Volta et la commune de Magnac-Lavalette (Didier Jobit, maire). Les premiers travaux de sauvetage commencent dès octobre.

Raymond et Alphonse RETHORE

Deux personnalités hors du commun

Il était une fois

Il était une fois les Réthoré, famille comptant trois fils. Le père, marchand de cochons en Anjou, meurt jeune. Quelques mois plus tard, la maman se remarie avec le médecin de famille, Célestin Priouzeau, un Vendéen anticlérical (ça existe), amoureux fou de la dive bouteille? et de la vitesse. Deux bonnes raisons pour qu’en 1916, toute la famille soit victime d’un accident de voiture coûtant la vie au fils aîné, Alexandre. Restent ses deux frères, Raymond et Alphonse, que ce drame unit pour la vie entière.

Célestin a des relations. Il connaît un certain Édouard Herriot, qui remarque l’aisance oratoire et le joli talent de plume de Raymond, le beau-fils de son ami.
«Tu t’intéresses à la politique ? Va donc en Charente. Là-bas, il y a des places à prendre», conseille le grand leader radical.

Aussitôt dit, aussitôt fait. En décembre 1924, le château de La Mercerie à Magnac-Lavalette, une grosse gentilhommière de style Viollet-le-Duc, est acheté 80 000 francs. Une belle somme pour l’époque.

Deux complices

En Charente, Raymond se lance dans le journalisme quand Alphonse entame des études de médecine. Mais le bistouri et le stéthoscope ne le passionnent guère. Il préfère le crayon et le fil à plomb. Il se voit architecte, tourne le dos à Hippocrate et trouve en Raymond le complice idéal pour encourager ses rêves de constructeur. Nous sommes au début des années 30. Les deux frères veulent agrandir le manoir. Alphonse dessine bâtiments et façades. Les ajouts empruntent aux temples grecs, à la Renaissance et même à l’Empire. Colonnades et balustres évoquent Versailles.

Raymond, quant à lui, devient maire de Magnac en 1932 sans même briguer les voix des électeurs ! En 1936, le voilà propulsé à l’Assemblée nationale sous une étiquette radical-socialiste. Après-guerre, il entre en gaullisme comme d’autres en religion. Raymond est réélu en 1958 et reste député jusqu’en 1978.

Ces années-là sont fastes. Alphonse dirige la manœuvre des tailleurs de pierre, souvent des gars du pays embauchés à temps plein et formés sur le tas. Il suit les conseils du peintre italien Adolfo Tagliaferi et du sculpteur Pederzoli, invités en Charente. Raymond, voyageur impénitent, court les salles de ventes et butine chez les antiquaires de l’Europe entière, constituant une impressionnante et hétéroclite collection d’œuvres d’art. Il rapporte peintures et sculptures, lambris et azulejos au Château de la Mercerie.

Ils reposent dans deux piliers

Oui, ces années-là sont fastes mais dispendieuses. En 1970, l’argent manque, les travaux sont interrompus. Vaisseau fantôme dominant la campagne charentaise, la grande galerie de 220 mètres ne restera qu’une façade en trompe-l’œil.

Les frères Réthoré avaient fait fortune dans la vente de machines pour pressing, mais ils avaient aussi perdu des sous dans un projet d’élevage intensif de bovins. Dans les années 70, le porte-monnaie des Réthoré sonne donc creux. Monsieur Alphonse, (comme on l’appelait dans le pays) commence à perdre la tête.

« Il était souvent habillé comme un « rabalou », mais qu’est-ce qu’il était beau avec ses grands cheveux blancs », se souvient une dame du pays.

Alphonse, malade, décède en 1983 à l’hôpital spécialisé de Breuty. Il est inhumé à La Mercerie, dans un pilier préparé à cet effet : 4 mètres de large, de quoi y loger un cercueil à plat et non pas debout comme le veut une légende erronée. Raymond fait apposer une plaque de marbre dont le texte, tout un symbole, débute par ces mots : « Ici repose mon frère ».

À 82 ans, le parlementaire honoraire, resté sans héritier, doit songer à sa succession. Il comptait léguer La Mercerie et ses trésors à Solange, sa complice secrétaire de toujours, la fille de son ancienne gouvernante et de son jardinier, mais celle-ci meurt dans un accident de voiture. Il apprend qu’un nouveau riche du cognac serait intéressé par le domaine. Pas question !

Il propose de léguer l’ensemble à l’Assemblée nationale alors présidée par Chaban : refus. Même réaction de la Ville d’Angoulême, qui accepte néanmoins les 5 000 volumes de la bibliothèque.

Le 15 décembre 1986, Raymond décède et intègre le pilier voisin de son frère.

Château de la Mercerie - ASS French Baroudeur

Raymond Réthoré, devant son manoir, le 21 novembre 1981

Un visiteur …

Un jour de septembre 1995, un visiteur vient se recueillir devant la tombe de Monsieur Raymond, qu’il avait « fort bien connu et apprécié ».

Ce pèlerin s’étonne de l’état de délabrement de la propriété et ne cache pas sa colère en découvrant la plaque mortuaire, brisée depuis longtemps, jamais remplacée.

– «Que voulez-vous, je fais de mon mieux, mais je suis à la retraite», lui explique René Fillonneau (dernier employé des Réthoré), un peu gêné.

– «Moi aussi», répond cet homme aux traits marqués par la maladie.

C’est la dernière fois que François Mitterrand est venu à La Mercerie.

(Sources Sud-Ouest du 27-02-2012 –  [L’article que nous publions aujourd’hui est une version actualisée et remaniée d’un texte de Patrick Guilloton publié en 1999 dans «Sud Ouest Dimanche»] ).

Eugène BUREAU

Architecte et Paysagiste (1872-1955)

Château de la Mercerie - ASS French Baroudeur

Eugène BUREAU, à l’état civil André Eugène BURAUD, a réalisé le Parc du Château de La Mercerie, fin années 40-début années 50.

Il est né le 2 juillet 1872 à Angoulême. Son père, Honoré Bureau,a un établissement d’horticulture au 65 rue Basse de l‘Hémicycle à Angoulême.

Il effectue des tracés de parcs et jardins et reçoit des prix d’honneur et de nombreuses médailles d’or et d’argent.
Avec ses deux fils, André Eugène et Auguste Fernand, il tient un magasin de fleurs à l’angle de la Place Bouillaud et de l’Avenue Georges Clémenceau à Angoulême.

Le 23 décembre 1910, Eugène achète une propriété à La Couronne.
Eugène, qui a pour mentor le grand paysagiste Edouard André, crée de très nombreux parcs et jardins en Angoumois.
Il dessine les Jardins de l’Hôtel de Ville d’Angoulême en 1930, le Jardin de l’Hôpital de Girac. Il crée le Jardin de la Maison Lacroix à La Couronne au début des années 20, le Parc du Logis de Chenard à Chavenat en 1922 et le Jardin du Moulin de Nanteuillet à Voulgezac en 1927. Ces 3 jardins sont protégés au titre des Monuments Historiques en Poitou-Charentes.

Sur la demande des frères Réthoré, il crée le parc du Château de La Mercerie où sont plantés de nombreux conifères, dont des cèdres et séquoïas, des magnolias Grandiflora, arbres toujours verts et de beaux arbres aux essences variées.
Les buis, qu’il affectionne particulièrement, bordent de longues allées devant le château.
Sa fleur préférée étant la rose, il crée une roseraie dans le parc.

Le parc du Château de La Mercerie sera sa dernière grande réalisation.
Il décède le 28 janvier 1955 dans sa propriété de La Couronne devenue, en 2019, le Jardin Public de la Ville.

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