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Le temple antique

Ier siècle avant Jésus-Christ – IIIe siècle après Jésus-Christ

En se plaçant au milieu de la cour du cloître, le visiteur se trouve à l’emplacement précis où s’élevait le temple païen, à l’origine de tous les édifices qui se sont succédé sur le site jusqu’à la fondation de l’abbaye. Dans l’antiquité, le coteau présentait un léger replat à cet endroit. Selon une règle assez commune dans la vallée de la Seine, où de nombreux sites cultuels du même type ont été répertoriés depuis la fin du XIXe siècle, c’est sur le rebord de la terrasse que fut érigé le sanctuaire.

Bâti vers la fin du Ier siècle avant Jésus-Christ, le premier temple était une construction d’allure fort modeste : une petite salle rectangulaire en bois, soutenue par une armure de dix poteaux plantés dans le sol. La toiture, sans doute assez haute et élancée, retombant en croupes sur les côtés, était couverte de chaume, le sol était en terre battue. La porte se trouvait à l’Est, en direction du coteau.

Battu par les vents, mal drainé, le fragile édifice fut maintes fois réparé et reconstruit. Des contreforts en bois furent plantés en plusieurs endroits pour le soutenir. Au cours de la première moitié du Ier siècle après jésus-Christ, on le détruisit pour le remplacer par une nouvelle construction de bois qui reprenait le même plan, mais cette fois-ci avec une galerie tout autour. Le sanctuaire présentait dès lors l’aspect classique des petits temples rustiques gallo-romains : un édicule central abritant l’autel (c’est la partie que l’on appelait la « cella »), un promenoir couvert qui permettait d’en faire le tour. Cette disposition, propre aux sanctuaires de tradition celtique, répond probablement à une fonction rituelle. On l’a souvent rapprochée de cette phrase du géographe grec Strabon : « les Gaulois honorent leurs dieux en tournant autour ». La position de la porte, tournée vers le soleil levant, est également fréquente dans les temples celto-romains ; certains spécialistes y voient une lointaine réminiscence des cultes solaires de la protohistoire.

Plan du temple au début du Ier siècle ap. J-C.

Comme tous ses homologues, le temple de Boscherville dérive donc d’une tradition d’architecture religieuse locale, aux racines très anciennes : seule concession à la mode romaine, les cloisons de bois étaient revêtues d’enduits peints imitant le marbre.

Lors d’une troisième campagne de travaux, le temple fut une nouvelle fois rebâti. Sa structure était toujours en bois, mais elle reposait désormais toute entière sur un soubassement de pierre qui l’isolait de l’humidité. Dans le même temps fut aménagée au sud du temple une plate-forme en dalles de silex, sorte d’estrade qui a pu supporter un autel de plein air. Vers la fin du Ier siècle après Jésus-Christ, enfin, l’édifice en bois fut remplacé par un ouvrage en pierre. Le plan était toujours le même, mais l’édifice était légèrement plus grand que les précédents, et ses murs étaient constitués d’une robuste maçonnerie en moellons de silex.

Le temple à la fin du Ier siècle av. J.-C., essai de restitution.

Vue générale des fouilles en 1981 : les fondations des temples gallo-romains apparaissent au milieu de la cour du cloître.

Essai de restitution du temple antique au IIe siècle après J-C., maquette de Pierre Carel.

La fondation

La fondation et la construction de l’abbaye Bénédictine (1113-vers 1135)

À l’heure où les idéaux de pauvreté et d’ascétisme, incarnés par tant d’admirables figures dans le monde monastique, prônés au sein de leur diocèse par de grands archevêques réformateurs comme Maurille (1067), ne cessaient de progresser en Normandie, le train de vie que menaient les chanoines finit par les rendre très impopulaires auprès de l’opinion publique et par faire apparaître ces collèges séculiers comme démodés. C’est pourquoi, à Boscherville comme en bien d’autres endroits, on songea à remplacer le collège de clercs par des moines bénédictins.

Au début du XIIe siècle, le chef de la famille de Tancarville était Guillaume, fils de Raoul le Chambellan, fondateur de la collégiale. Sa situation personnelle ne fut sans doute pas tout-à-fait étrangère à la décision qu’il prit de transformer la fondation paternelle en abbaye. Il se trouve en effet que Guillaume avait pris pour épouse Mathilde d’Arques, héritière d’une riche famille possessionnée dans l’arrière-pays dieppois, et que l’Église avait jugée cette union non recevable, parce que Mathilde avait déjà été précédemment mariée à un parent de Guillaume. Les deux époux proposèrent d’acheter la régularisation canonique de ce mariage par des oeuvres pieuses, mais sur le conseil d’Anselme, l’illustre archevêque de Canterbury, l’archevêque de Rouen Guillaume leur opposa une fin de non-recevoir. Or, la mort d’Anselme en 1109, puis celle de l’archevêque Guillaume en 1110, pouvaient laisser entrevoir la possibilité d’un arrangement par de nouvelles négociations. Il faut croire qu’elle finirent par aboutir, et que les deux époux acceptèrent d’en payer le prix.

L’abbaye vue du haut des jardins, d’après une aquarelle de l’album de Gaignières, début XVIIIe siècle.

Mathilde finança sans doute une grande partie des travaux de construction de la nouvelle abbatiale du monastère de Sainte-Catherine, au-dessus de Rouen, où étaient enterrés ses ancêtres ; on sait que les travaux furent commencés sous l’abbatiat de Gauthier (1120) et qu’ils furent terminés par l’abbé Hélie (1130). Quant à Guillaume de Tancarville, il entreprit, après avoir « expulsé les chanoines » (l’expression est d’Orderic Vital) de fonder une abbaye bénédictine sur le site de Saint-Georges et de réaliser lui aussi pour ce faire des travaux considérables ; on était en 1113.

Guillaume fit établir par le duc-roi Henri Ier Beauclerc une grande charte de fondation. Dans ce document dont la teneur exacte nous a été conservée par une copie du XIIIe siècle, il se déclare « désireux d’agrandir et d’améliorer l’église de Saint-Georges » et y exprime solennellement sa décision d’y « ériger une abbaye ». Suit la longue énumération des terres, des dîmes et des revenus que le Chambellan et ses vassaux attribuèrent en dotation au nouvel établissement. On y retrouve la plus grande partie du patrimoine de la collégiale supprimée, mais aussi quantité d’apports nouveaux, indispensables à la mise en oeuvre du nouveau projet. À nombre égal de religieux, la fondation d’une abbaye exigeait en effet un investissement très supérieur à celui que demandait une collégiale, en raison de la part beaucoup plus importante des dépenses communes.

Pour former le premier noyau de la communauté bénédictine, Guillaume fit appel à la prestigieuse abbaye de Saint-Evroult-en-Ouche (Orne). Véritable pépinière monastique, cette abbaye était déjà implantée en Haute-Normandie où elle disposait de plusieurs prieurés dont deux étaient d’anciennes collégiales, Neufmarché, sur l’Epte, et Auffay, dans la vallée de la Scie. Les moines arrivèrent au nombre de dix à Boscherville, où ils furent probablement reçus en grande cérémonie par le Chambellan. Le conseil des anciens de Saint-Evroult avait choisi de placer à la tête de cette petite communauté un religieux du nom de Louis ; il allait présider aux destinées de la jeune abbaye jusqu’à sa mort en 1157.

La mission assignée à ces moines était double : organiser la vie monastique, mais aussi procéder à une refonte complète des bâtiments. En effet, prévus au XIe siècle pour des clercs ne pratiquant pqu’un minimum de vie commune, les anciens locaux de la collégiale n’étaient nullement adaptés aux exigences de la règle monastique. La tâche était immense, presque l’équivalent d’une nouvelle fondation. Pendant la plus grande partie de l’abbatiat de Louis, l’essentiel des efforts porta sur la construction d’une nouvelle église à côté du vieux sanctuaire des chanoines, vers le sud : c’est la grande abbatiale qui subsiste aujourd’hui, pratiquement intacte. Tant que durèrent ces travaux, les religieux conservèrent telle quelle l’église Saint-Georges pour la célébration des offices ; une seule reprise fut nécessaire, la mise en place d’un contrefort contre le mur sud de la nef après la suppression de la maison qui était appuyée contre cette partie de l’église. En revanche, il fallut procéder à divers réaménagements dans la zone du cloître pour assurer le logement des moines dans des conditions décentes. Les fouilles ont montré que la galerie sud du cloître fut supprimée pour laisser la place à une grande salle, aux murs constitués d’une maçonnerie de plaquettes de calcaire sommairement dégrossies et disposées en « arêtes de poisson ».

L’abbaye en 1683, d’après la gravure du Monasticon Gallicanum.

Les bâtiments n’étant là qu’à titre provisoire, ce mode de construction offrait le double avantage d’être peu coûteux et rapide à mettre en oeuvre. À l’emplacement de l’aile ouest fut édifiée selon la même technique une seconde salle, vaste vaisseau de 18m de long, communiquant par deux portes avec le préau du cloître. Son sol en terre battue, parsemé de reliefs de cuisine et de tessons de poterie, a également livré aux fouilleurs plusieurs pièces de monnaies normandes du XIIe siècle. Le cloître proprement dit fut rebâti à son emplacement primitif et doté d’étroites galeries de bois reposant sur des poutrelles fichées dans le sol, mais sa surface était un peu moins importante que dans l’état précédent, sa limite ayant dû être reculée vers le nord pour laisser la place à la salle nouvellement construite contre le mur de l’église. Au sud de cette dernière, la suppression de la maison canoniale avait permis de dégager une petite cour qui servit d’aire de chantier. Elle était fermée vers l’ouest par un mur au pied duquel trouvèrent place pendant la période des travaux quatre sépultures, les premières à être installées à l’emplacement du futur cloître bénédictin.

L'église abbatiale

En choisissant de construire la nouvelle église à côté de la collégiale plutôt que de reconstruire cette dernière, le Chambellan et les moines de Saint-Evroult disposèrent de toute la place nécessaire pour bâtir un édifice imposant, qui frappe encore aujourd’hui le visiteur par ses proportions grandioses : 70 mètres de longueur hors oeuvre, près de 20 mètres de largeur pour la nef et les bas-côtés. Les travaux furent rapidement menés. Commencés sans doute dès 1113-1114, ils étaient probablement à peu près achevés trente ans plus tard. C’est ce qui nous vaut aujourd’hui d’avoir sous les yeux un monument très homogène, sans doute un des plus représentatifs de l’architecture romane du début du XIIe siècle en Normandie.

Le plan de l’édifice n’était cependant pas d’une totale nouveauté. En 1099, soit moins de quinze ans avant d’envoyer un groupe de moines à Boscherville, les religieux de Saint-Evroult avaient terminé la construction d’une nouvelle église dans leur abbaye d’Ouche, à côté de l’ancienne abbatiale Saint-Pierre. Placée sous le patronage de Notre-Dame, cette église fut entièrement rebâtie au XIIIe siècle, mais sur les mêmes fondations ; grâce à divers relevés anciens, son plan est donc reconstituable. Or, ce plan offre de singulières similitudes avec celui de l’église de Boscherville : non seulement les dispositions sont identiques, avec une nef de huit travées, une façade ouest constituée d’un mur épais cantonné de deux petites tours, des tribunes de fond de transept, mais encore les dimensions sont les mêmes, au point que les deux plans sont pratiquement superposables. Il y a donc tout lieu de penser que les moines chargés de la construction de l’église de Boscherville prirent modèle sur l’abbatiale de leur maison-mère. Ils allèrent même jusqu’à lui donner le même vocable en la plaçant sous le patronage de la Vierge. Tant que l’ancienne collégiale resta debout, il y eut donc à Boscherville deux églises avec à chacune son propre vocable, l’une dédiée à saint Georges, l’autre, la nouvelle, à Notre-Dame. Le cas pourrait être également comparé à celui de Sainte-Catherine du Mont où coexistèrent pendant quelque temps le « Vieux-Moutier » du XIe siècle et la « Grande-Église » bâtie au début du XIIe siècle.

Placé devant la façade occidentale de l’église, le visiteur qui a en mémoire l’image de la façade de Notre-Dame de Jumièges avec ses deux imposantes tours latérales et son portail austère, presque entièrement dépourvu d’ornements, pourra mesurer au premier coup d’oeil l’évolution qui s’était accomplie dans l’ordonnance et le décor des façades des églises normandes entre le milieu du XIe siècle et le début du siècle suivant. Lointain héritage de l’époque carolingienne, désormais passées de mode, les deux tours se réduisent dans l’église de Boscherville à deux tourelles très discrètes, qui s’effacent pour laisser apparentes les extrémités des bas-côtés. Soixante-dix ans environ après Jumièges, la façade est ici beaucoup plus animée : des arcatures plaquées règnent au niveau inférieur, le portail central s’orne de multiples voussures à retraits successifs reposant sur autant de colonnes. Au-dessus, deux rangées de trois fenêtres largement ouvertes, coiffées d’arcs moulurés retombant sur des colonnettes, éclairent généreusement l’entrée de la nef centrale, et des baies un peu plus petites remplissent le même office sur les bas-côtés. On est donc déjà loin des principes qui guidèrent dans les années 1070 la construction de la façade de Saint-Étienne de Caen, si imposante par son volume massif, presque aveugle.

Le « tombeau des Fondateurs » d’après l’album de Gaignières.

La salle capitulaire

Lieu de réunion des religieux, la salle capitulaire fut installée à l’emplacement habituel pour ce local, dans l’aile orientale du cloître, contre le transept de l’église. La tradition en attribue la construction à l’abbé Victor (1157 – v. 1211), ce que confirme le style des décors sculptés, attribuable aux années 1160-1170. Jusqu’à cette date, on avait conservé à cet endroit l’ancien choeur de la collégiale du XIe siècle, avec son autel : par une coïncidence qui n’est sûrement pas fortuite, c’est à l’emplacement précis de cet autel, légèrement au sud de l’axe central du bâtiment actuel, que l’abbé Victor choisit d’être inhumé ; une dalle d’ardoise ornée d’une croix signalait encore l’emplacement de sa sépulture à la veille de la Révolution. Quand les dernières traces de la collégiale de Raoul le Chambellan eurent été effacées, cette tombe fut le seul lien, très subtil, qui subsistait entre l’abbaye bénédictine et l’église Saint-Georges primitive.

Sauvée de la destruction grâce à son rachat par le département de la Seine-Inférieure en 1822, l’édifice nous est parvenu intact pour ses dispositions essentielles ; une grande partie des décors sculptés de l’entrée, fragiles et profondément altérés, a dû cependant être remplacée par des copies. Selon l’usage, sa porte vers le cloître est cantonnée de deux baies, disposition qui permettait aux auditeurs ne prenant pas place parmi les moines d’entendre les délibérations depuis la galerie du cloître. La salle de Boscherville est de plan rectangulaire et pourvue d’un chevet plat, ce en quoi elle se distingue des salles capitulaires normandes de la génération antérieure comme celle de Jumièges, dotée d’une abside semi-circulaire. L’abbé siégeait habituellement au fond, faisant face aux moines assis sur des bancs installés contre les murs.

Le dessin des voûtes, jadis recouvertes d’un décor peint, est des plus complexes : six compartiments au centre, huit aux extrémités. Leurs nervures retombent sur des culots sculptés d’un grand raffinement, incorporés à une double frise d’arcs en miniature et de plis tuyautés. Le décor de la façade est d’une richesse plus grande encore, très caractéristique du style roman finissant. Dans l’épaisseur de chaque baie est logée une petite voûte à six compartiments, reposant sur des faisceaux de colonnettes ouvragées. Trois colonnettes sont remplacées par des statues-colonnes dans la tradition chartraine, à peu près sans autre exemple en Normandie.

Une séance de discipline dans la salle capitulaire, dessin d’E.-H. Langlois.

Le cloître

Ultime phase des travaux dans l’enceinte des bâtiments conventuels, la mise en place des galeries du cloître fut l’oeuvre de l’abbé Victor et fut sans doute immédiatement consécutive à la construction de la salle capitulaire. Comme cette dernière, les arcades ouvrant sur le préau furent dotées d’un riche décor sculpté. Plusieurs chapiteaux, découverts au début du XIXe siècle dans des maçonneries où ils avaient été insérés comme matériaux de réemploi, sont parvenus jusqu’à nous : trois sont aujourd’hui conservés au Musée des Antiquités de la Seine-Maritime à Rouen, et les deux autres, sommairement publiés par Achille Deville mais longtemps considérés comme perdus, ont été retrouvés en 1996 dans une collection particulière de la région rouennaise, où ils étaient en fait restés depuis le début du XIXe siècle. Tous sont d’une exceptionnelle qualité esthétique. Le groupe du Musée des Antiquités comprend deux chapiteaux historiés, où se presse une foule de personnages, traités avec un rendu particulièrement soigné des drapés où se voit ici encore la marque d’une influence chartraine.

À partir de ces chapiteaux et des vestiges retrouvés des soubassements des galeries, il est possible de restituer avec une certaine vraisemblance l’ordonnance des arcatures au XIIe siècle. Il semble qu’elles aient été constituées de travées comportant chacune quatre baies, avec un support de quatre colonnettes au centre et deux supports de colonnettes jumelées de part et d’autre, ces travées étant encadrées par des piliers de maçonnerie destinés à stabiliser l’ensemble. Les galeries étaient couvertes d’un toit en appentis, à faible pente, dont une série de modillons sculptés marque encore le point d’appui contre les murs de l’abbatiale et de la salle capitulaire.

Le cloître était un lieu de promenade, de lecture ou de méditation, il était parfois aussi utilisé pour les processions certains jours de fêtes. Mais c’était avant toutes choses un organe de circulation qui assurait le lien entre les différentes parties de l’abbaye. Jusqu’au XVIIe siècle, sa galerie orientale était le passage obligé pour les moines se rendant du dortoir, situé derrière la salle capitulaire (rien n’a subsisté de son état du XIIe siècle), à l’église abbatiale.

Le cloître fut également dès l’origine un espace funéraire. vers la fin du XIIe siècle, un défunt fut inhumé sous la galerie ouest dans un ancien sarcophage mérovingien, provenant peut-être d’une série de tombes que les travaux de nivellement préalables à la construction du cloître avaient fait découvrir. D’autres sépultures en caissons de pierre furent installées dans la cour intérieure, sous les gouttières : cet emplacement était fort recherché, l’eau qui tombait des toitures étant censée laver les corps de leurs péchés.

Vestiges des bâtiments conventuels provisoires du début du XIIe siècle.

Sépultures de la galerie ouest du cloître, XIIe-XIIIe siècle.

Ouvrages de référence

Informations utiles

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Tel: 02 35 32 10 82

www.abbayesaintgeorges.fr

12 Route de l'Abbaye, 76840 Saint-Martin-de-Boscherville