Le château en 3D ?

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Vers 1010, à l’extrémité occidentale de ses possessions, Guillaume de Bellême construit sur l’éperon un premier château en bois, dont il ne reste aucun vestige.

Seigneur de Domfront en 1092, puis roi d’Angleterre (1100) et Duc de Normandie (1106), Henri 1er Beauclerc, 3eme fils de Guillaume le Conquérant fit bâtir le donjon, un des plus importants de France par sa superficie, et la chapelle St-Symphorien, prieuré de l’abbaye de Lonlay.

Résidence des rois anglo-normands au XIIe siècle, le château reçut Henri II Plantagenet et Alienor d’Aquitaine, Richard Coeur-de-Lion et Jean-sans-Terre. En août 1161, Alienor y accoucha d’une fille, Alienor d’Angleterre, future mère de Blanche de Castille et grand-mère de Saint-Louis, qui fut sans doute baptisée dans la chapelle. En août 1169, Henri II y rencontra les légats du Pape chargés de le réconcilier avec Thomas Becket.

Devenue Capétienne depuis la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste en 1204, la place fut donnée en apanage à divers membres de la famille royale : Philippe Hurepel, puis Robert II d’Artois, a qui on doit peut-être la nouvelle enceinte orientale (tours et courtine à gaine) au XIIIe siècle ; à son petit-fils Robert III, puis aux comtes d’Alençon au XIVe et XVe siècle.

Pendant la guerre de cent-ans, le château fut occupé par les Anglais de 1356 à 1366, puis de 1418 (après un siège de 9 mois) à 1450. Ce fut l’avant-dernière place normande reprise par les Français. À la fin du XVe siècle, il fut adapté à l’artillerie par la construction d’un rempart de fausse-braie en avant de l’ancienne courtine et d’une plateforme d’artillerie à l’angle Sud-Est.

En 1574, le chef protestant Gabriel de Montgomery, assiégé, dut se rendre au Maréchal de Matignon qui commandait l’armée Catholique et Royale. Devenu inutile, le château fut détruit en 1608 sur ordre de Sully. La première mise en valeur des ruines remonte aux années 1860 avec la création d’un parc à la place des jardins potagers qui avaient envahi l’intérieur de l’enceinte. Les vestiges situés au nord-est ont été dégagés et restaurés depuis 1982.

Situé sur une barre rocheuse, Domfront est la capitale du Passais (zone de passage, pays que l’on traverse). Carrefour de voies de communications depuis l’Antiquité, elle dominait une région frontalière encore couverte de forêts aujourd’hui.

Domfront est située au sommet d’un escarpement rocheux, une barre de grès armoricain très dure s’allongeant d’est en ouest qui forme ainsi une barrière naturelle. Au nord se trouve la Normandie, au sud, le Maine et plus loin l’Anjou. Cette barre rocheuse forme l’épine dorsale de toute cette zone dite « de Marche ». De part et d’autre de cette crête, les zones plus basses au relief vallonné ont été défrichées et offrent aujourd’hui un paysage agricole bocager.

Tirant parti de cette situation, dès le XIe siècle, les seigneurs de Bellême ont élevé de nombreux châteaux. Ils contrôlaient ainsi cette zone limitrophe, prélevaient des taxes et géraient les forêts : forêt des Andaines à l’est et forêt du Passais ou de « Silve Drue » à l’ouest.

Pour comprendre la situation stratégique de la place-forte de Domfront, il faut remonter au XIe siècle. Elle appartenait à la puissante seigneurie de Bellême, riche, quasi indépendante, qui formait un état-tampon entre le comté du Maine et le duché de Normandie. Ce territoire aux frontières un peu floues, partagé entre plusieurs autorités, est qualifié de « Marche ».

La seigneurie de Bellême au XIe siècle : une zone tampon

Au cours du Moyen-Âge, par le jeu des héritages et des conquêtes, ce territoire se situe tantôt dans la mouvance des rois d’Angleterre, ducs de Normandie tantôt dans celle des rois de France ou encore celle du comte du Maine. Domfront conserve son statut de château frontalier jusqu’en 1492, date du rattachement de la Bretagne au royaume de France.

Le château du XIIe siècle

À un premier château construit en bois au début du XIe siècle par la puissante famille de Bellême, succède au XIIe siècle une fortification en pierre, séparée du reste de l’éperon par un fossé.

Ici s’élèvent les vestiges du donjpn roman édifié par Henri Ier Beauclerc, fils de Guillaume le Conquérant et seigneur de Domfront depuis 1092. Lorsque celui-ci accède au trône d’Angleterre (1100) puis au titre de duc de Normandie (1106), Domfront devient un domaine privilégié pour le roi. La forteresse restera sa possession personnelle, puis celle des rois Plantagenêt jusqu’au début du XIIIe siècle.

  1. Énorme donjon en pierre à la fonction résidentielle et défensive, symbole de l’autorité seigneuriale.
  2. Remparts en pierre, flanquée de tours, protégeant la forteresse.
  3. Chapelle Saint-Symphorien dont subsistent d’importants vestiges. Partiellement intégrée dans l’enceinte, elle était sans doute fortifiée.

Le château du XIIIe siècle

Ici les vestiges du système défensif qui protégeait l’entrée du château. Cette fortification dominait un fossé autrefois très profond, aujourd’hui emprunté par la route. Elle renforçait le côté le plus vulnérable de la forteresse face à la cité médiévale. Celle-ci et l’enceinte de la ville semblant faire partie d’un même ensemble, construit vers la fin du XIIIe siècle.

La courtine à gaine

Ce mur défensif a été redécouvert à la fin du XIXe siècle. Sur cent mètres de long, une galerie, appelée gaine, court à la base dans l’épaisseur du mur et dessert de nombreuses archères qui permettaient de battre le fossé.

  1. Châtelet d’entrée formé de deux tours jumelles.
  2. Galerie voûtée ménagée dans l’épaisseur du mur percé d’archères (courtine à gaine).
  3. Pont-levis et pont fixe (ou dormant) enjambant le fossé.

Pendant la guerre de Cent Ans, la vocation défensive du château l’emporte sur sa fonction résidentielle. Le système défensif a été modifié, peut-être au cours de la seconde occupation anglaise (1418-1450), afin d’adapter la forteresse à l’artillerie à poudre.

L’adaptation à l’artillerie

Une enceinte basse formée d’un mur épais (rempart de fausse-braie) est construite devant la courtine à gaine pour une meilleure protection contre les canons. L’espace situé entre ce mur et l’ancienne courtine est comblé de terre. Le sommet est aménagé pour former un boulevard d’artillerie face à la ville.

  1. Rempart de fausse-braie.
  2. Boulevard d’artillerie.
  3. Tour d’angle remplacée par une plate-forme d’artillerie protégeant l’accès au fossé.

Domfront reste l’avant dernière place forte tenue par les Anglais lors de la reconquête de la Normandie par le Roi de France en 1450.

Pendant les Guerres de religion (XVIe siècle), le château est occupé tour à tour par des troupes catholiques et protestantes. L’épisode le plus connu de cette période est la capture du chef protestant Montgomery par les catholiques (1574). En 1610, deux ans après l’édit royal ordonnant sa destruction, les fortifications et le donjon sont détruits à la poudre pour éviter d’être occupés lors d’éventuelles révoltes.

À partir du XVIIe siècle, les habitants de la cité s’approprient le site en utilisant les murs subsistants du château comme murets de soutènement pour leurs jardins privés. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les vestiges soient mis en valeur. Conscients de l’importance archéologique du site, les historiens Blanchetière et Arcisse de Caumont proposent la création d’un jardin public autour des ruines du donjon, première étape de la réhabilitation des lieux.

Au début du XIe siècle, les Bellême construisent le château pour asseoir leur autorité dans l’extrémité occidentale de leur seigneurie. Lorsque Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, entame la conquête des zones sud de son duché, Domfront est rattaché à la Normandie (1049) et constitue dès lors la principale défense de la frontière contre le Maine, l’Anjou et la Bretagne.

Poste frontière et résidence royale

Au XIIe siècle, Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre, duc de Normandie et seigneur de Domfront, entreprend une campagne de fortifications sur la frontière sud de la Normandie : le donjon de Domfront et celui d’Alençon sont édifiés sur le même modèle. À sa mort, Geoffroy Plantagenêt, mari de sa fille Mathilde, revendique son héritage et conquiert Domfront et la Normandie. Leur fils, Henri II Plantagenêt, épouse Aliénor d’Aquitaine et devient roi d’Angleterre en 1154. Henri II possède les comtés d’Anjou et du Maine, Aliénor le duché d’Aquitaine. Le château de Domfront est un lieu d’étape idéal sur les routes traversant leurs vastes domaines qui s’étendent de l’Écosse aux Pyrénées.

Informations utiles

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Tel: 02 33 30 60 60

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12 Place de la Roirie, 61700 Domfront en Poiraie